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Désobéissance, un amour féminin interdit

By 3 juillet 2018 Culture

Oscar du meilleur film étranger en 2018 avec Une femme fantastique, Sebastián Lelio revient avec Désobéissance. Un amour lesbien mal accepté dans un milieu bien particulier, celui des juifs orthodoxes. Une histoire d’une femme confrontée à la famille et à la religion, en quête d’indépendance pour vivre avec celle qu’elle aime.

À la suite du décès de son père, Ronit Krushka retourne chez elle, auprès de sa communauté juive-orthodoxe qu’elle avait quittée depuis plusieurs années. Revenue au bercail, elle se rend chez son bon ami Dovid Kuperman, qui est devenu l’époux de son ancienne meilleure amie, Esti. Cette dernière est contente et troublée de revoir sa grande amie. Les jours s’écoulent et la présence de Ronit dérange les membres de la communauté, puisque celle-ci n’est toujours pas mariée selon la tradition et la volonté de leur Dieu. Ce qu’ils ignorent c’est que Ronit a un terrible secret. Elle est amoureuse d’Esti. Une histoire d’amour interdite entre deux jeunes femmes prisonnières des traditions naîtra. (cinoche.com)

Le film s’ouvre sur une histoire d’amour sur fond religieux. On s’attend à ce que la religion soit au centre du  récit mais il dévie rapidement vers d’autres sujets plus sociétaux. Bien entendu, la relation amoureuse se (re)nouant, vingt ans après, entre Ronit l’exilée et l’obéissante Esti, est au centre du film. Mais ce mélodrame abord d’autres questions, le deuil, les retrouvailles familiales, l’amour impossible…  Sebastián Lelio, qui adapte ici le roman éponyme de Naomi Alderman, prend son temps pour révéler l’amour entre Ronit et Rachel et lui adjoindre le deuil d’un père mentor, le retour à des racines délaissées, la confrontation à des mœurs honnies par la religion… Le questionnement principal est celui de la liberté individuelle par opposition aux rituels, érigée en lois. Pour Esti, cette liberté, lui apportera l’émancipation.

La première réussite du film réside dans le fait que la religion juive orthodoxe n’est pas spécialement décriée. Le judaïsme pourrait être remplacé par tout autre religion, l’histoire fonctionnerait de la même manière. La deuxième est aussi son principal défaut, le film peut sembler lent,  mais  en fait, le réalisateur privilégie le jeu des acteurs et l’approfondissement des émotions des personnages au détriment de l’action. Et enfin Rachel Weisz, Rachel McAdams et Alessandro Nivola dans les rôlesprincipaux sont la dernière réussite du film, ils sont impressionnants. Les deux Rachel sont magnifiques dans la révélation progressive de leurs sentiments, et lui dans ses convictions bouleversées.

Un mélodrame contemporain sur des thèmes universels, qui nous parle à tous, le droit à sa liberté, à l’amour et à son libre arbitre.. Sortie le 18 mai au Québec, sa sortie à dans la capitale semble nous être glissée entre les doigt alors si comme nous, vous avez raté sa sortie à Québec, vous pouvez encore le voir en salle à Montréal au Cinéma du Parc ou au Cineplex Odeon Forum Cinemas. Un film à voir lors de votre prochain séjour dans la métropole.

Par Michel Hubert