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« Appelle-moi par ton nom » (Call me by your name), un si beau souvenir du premier amour

By 15 janvier 2018 Culture

Appelle-moi par ton nom (Call me by your name) est un film franco-italien de Luca Guadagnino adapté du roman Plus tard ou jamais d’André Aciman. Il est au Clap depuis le 19 janvier. C’est un miracle de splendeur qui touche en plein cœur.

Au début des années 1980, un jeune étudiant américain de 23 ans, Oliver, va passer ses vacances dans le nord de l’Italie, chez un couple d’amis. C’est dans leur immense villa bucolique qu’il fait la rencontre du fils de ceux-ci, Élio, 17 ans. Le désir que les deux jeunes hommes vont éprouver l’un pour l’autre va devenir de plus en plus fort. Ensemble, Oliver et Élio vont passer un été inattendu, lumineux et inoubliable.

C’est dans le décor enchanteur de la campagne lombarde que le récit prend place. L’histoire sensible est portée par des interprètes touchées par la grâce. La trame pourrait paraître assez classique (un ado de 17 ans et un homme plus âgé tombent amoureux au début des années 1980), mais elle bénéficie d’un traitement, d’un regard, d’une sensibilité qui transcende le sujet et nous renverse. Luca Guadagnino excelle dans l’art de filmer le sentiment amoureux et le désir, c’est émouvant et impressionnant.

Tout n’est que beauté dans ce film merveilleusement incarné, sensible, intelligent et attachant. Le raffinement que l’on ressent est presque inexplicable, mais total. La culture, les livres sont partout, les langues, on y parle italien, français, anglais ou allemand, la musique, classique, des tubes rétro et des compositions originales bouleversantes de Sufjan Stevens, les paysages et les couleurs de l’été italien. Tout cela concourt à rendre une ambiance érotisante où tout y est splendeur.

Visuellement, cette oeuvre de Luca Guadagnino est un régal. Chaque plan est un délice de couleurs et la photographie est superbe. Des premiers rôles aux seconds, tous sont filmés avec tendresse et douceur.

Tout d’abord, Armie Hammer incarne Oliver, l’étudiant étranger, avec un charme fou, grand, blond, poli et beau. Il a tout du gendre idéal et il séduit tout son entourage. Si dans un premier temps, Oliver souhaite résister à l’attirance qui existe entre les deux jeunes hommes, il ne pourra pas lutter longtemps contre cette attraction. L’espace de quelques jours hors du temps, les corps et les cœurs fusionneront dans un délice.

Élio, incarné par le Franco-américain Timothée Chalamet est jusqu’alors attiré dans un désir partagé pour la douce Marzia. Mais la présence d’Oliver sème la panique dans son désir. S’il a d’abord des réserves sur cet Américain, on comprend vite que ce sont en fait les manifestations de son trouble face au corps et à l’esprit d’Oliver. Il est irrésistiblement attiré, la tension du désir monte petit à petit, et comme elle est partagée, un beau premier amour va naître pour le jeune homme qui marquera sa vie.

L’attraction entre Élio et Oliver se construit d’abord  sur un désir qui est source de tension et de peur puis qui s’incarne dans un érotisme foudroyant, drôle et tout en finesse. Le film nous fait ressentir les frôlements et les caresses (celle d’une main qui passe sur la nuque ou dans le dos), et montre une sexualité tendre et ludique. Armie Hammer et Timothée Chamalet forment à l’écran un couple vibrant qui nous laisse le cœur battant.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste et sont filmés avec une lumière incroyable. Marzia (Esther Garrel), la petite-amie sacrifiée entretient une si jolie relation avec Élio, un amour d’adolescent traité avec tendresse par le réalisateur. Le personnage est vrai et magnifique de douceur. Les parents sont discrets, mais leurs dialogues sont justes et tendres, ils voient leur fils, ses relations et le laisse aller. Ils le laissent vivre et attendent le moment où leur fils souhaitera leur présence. Le dialogue à la toute fin du film, entre Élio et son père, en touchera plus d’un. Ils sont des parents comme on en aurait tous voulus, des gens érudits aussi bien au niveau de la culture que du cœur.

Poétique, sensible, universel, et lumineux, Call me by your name nous touche et fait vibrer les réminiscences de nos premiers amours. Le film sera présenté à partir du 19 janvier au CLAP. C’est une belle manière de commencer l’année 2018 avec un film positif et lumineux. Et si vous avez encore des doutes, Pedro Almodóvar a récemment déclaré, à propos de ce film, qu’une beauté viscérale émanait de tout ce qui se trouvait devant la caméra de Guadagnino.

 

Par Michel Hubert

 

 

D’ailleurs, Call me by your name est en nomination à quatre reprises pour les Oscars 2018: meilleur film, meilleur acteur dans un rôle principal (Timothée Chalamet), meilleure chanson (Mystery of Love de Sufjan Stevens) et meilleure adaptation. La cérémonie des Oscars sera présentée le dimanche 4 mars prochain.

Révisé par Joanie Moreau